C’est l’une des réformes les plus attendues par les communes qui cherchent un médecin. En novembre 2026, les premiers docteurs juniors en médecine générale s’installent en cabinet, en maison de santé ou en centre de santé. En Île-de-France, l’Agence régionale de santé en annonce 412. La plupart iront dans des secteurs officiellement reconnus comme manquant de médecins.
Plan de l'article
Une quatrième année d’internat passée sur le terrain #
Le docteur junior est un interne de médecine générale arrivé au bout de son cursus. Depuis la réforme engagée en 2023, l’internat de médecine générale passe de trois à quatre ans. Cette dernière année, dite « phase de consolidation », se fait sur le terrain et non plus seulement en stage d’observation.
Le principe est simple : le jeune médecin consulte lui-même ses patients, mais il n’est pas seul. L’ARS Île-de-France le décrit comme un praticien qui « exerce en autonomie supervisée », sous la responsabilité d’un maître de stage des universités. Il ne s’agit donc pas d’un médecin installé à son compte. C’est un professionnel en fin de formation, adossé à un confrère expérimenté.
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Pour les patients, la différence est surtout pratique. Dans un cabinet qui accueille un docteur junior, il y a davantage de créneaux de consultation, avec un praticien qui a déjà plusieurs années d’internat derrière lui.
412 docteurs juniors, département par département #
Dans un communiqué publié le 12 octobre, l’ARS Île-de-France donne le détail par département. La Seine-Saint-Denis en accueille le plus (74), devant l’Essonne (64) et les Yvelines (60). Viennent ensuite Paris (58), la Seine-et-Marne (52), le Val-de-Marne (40), les Hauts-de-Seine (35) et le Val-d’Oise (29).
Le chiffre qui compte le plus pour les habitants des zones mal desservies est ailleurs : selon l’agence, 93 % de ces docteurs juniors exerceront dans une zone reconnue en sous-densité médicale. Le détail est de 67,7 % en zones d’intervention prioritaire (ZIP), les secteurs les plus en difficulté, et 25,6 % en zones d’action complémentaire (ZAC).
La répartition suit en partie la carte des besoins. La Seine-Saint-Denis reçoit à elle seule près d’un docteur junior francilien sur cinq. Les départements de grande couronne, où l’on parcourt parfois de longues distances pour un rendez-vous, en accueillent aussi une part importante.
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Une région où les généralistes vieillissent #
Ce renfort arrive dans une région où les départs à la retraite inquiètent. Selon Citoyens.com, qui cite un document de la Région Île-de-France, 39,8 % des médecins généralistes franciliens avaient 60 ans ou plus en 2025. Cela représente 6 343 praticiens sur 15 937 recensés.
Autrement dit, une part importante des cabinets franciliens devra trouver un successeur dans les prochaines années. Les docteurs juniors ne remplacent pas ces départs : ils restent en formation et leur affectation est temporaire. Mais ils donnent aux jeunes médecins une première expérience concrète de l’exercice dans ces territoires, ce qui peut peser au moment de choisir où s’installer.
Une prime pour les zones prioritaires
Pour orienter ces jeunes praticiens vers les secteurs les plus fragiles, une incitation financière est prévue. D’après Citoyens.com, une prime supplémentaire de 1 000 euros brut par mois est versée à ceux qui exercent en zone d’intervention prioritaire. Les médecins qui les accueillent et les encadrent sont, eux aussi, rémunérés pour cette mission.
Un dispositif national, des effectifs revus #
L’Île-de-France n’est qu’une partie du mouvement. Le même article de Citoyens.com rapporte environ 3 000 docteurs juniors au niveau national pour cette première vague, avec une promotion plus petite attendue en mai.
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Ce chiffre est en retrait par rapport aux premières annonces. En mai, lors de la présentation de la feuille de route de la ministre de la Santé Stéphanie Rist aux parlementaires, la Banque des Territoires relevait une cible de 3 700 docteurs juniors, à déployer « prioritairement dans les territoires qui en ont le plus besoin ». La ministre avait alors prévenu qu’il y aurait sans doute plus d’encadrants volontaires que d’internes disponibles, et que certains élus seraient déçus.
Ce que cela change pour les élus locaux
Pour les communes, le docteur junior n’arrive pas seul : il faut un maître de stage agréé sur place, un local et un minimum d’organisation. Les territoires qui disposaient déjà d’une maison de santé ou d’un cabinet de groupe partaient donc avec un avantage. Ceux qui n’ont plus aucun médecin installé peuvent difficilement en accueillir un, faute d’encadrant.
C’est l’une des limites souvent soulignées du dispositif : il renforce d’abord les zones fragiles où subsiste encore une offre de soins, plutôt que les territoires totalement dépourvus de médecins.
Ce qu’il faut retenir pour les patients #
Si vous vivez dans une commune d’Île-de-France classée en zone sous-dotée, il est possible qu’un nouveau visage apparaisse dans votre cabinet habituel ou dans la maison de santé voisine dès novembre. Ce docteur junior peut vous recevoir, vous examiner et vous prescrire, dans le cadre fixé avec son maître de stage.
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Pour savoir si un docteur junior est affecté près de chez vous, le plus simple est de vous renseigner auprès de votre médecin, de la maison de santé de votre secteur ou de votre mairie. Ce sont eux qui ont préparé l’accueil de ces jeunes praticiens avec l’ARS.
Une première année ne suffira pas à combler le manque de médecins, mais elle permettra de juger sur le terrain un dispositif très attendu. Il faudra regarder combien de ces jeunes généralistes choisiront ensuite de s’installer là où ils ont fait leurs premières consultations.




